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La frousse publicitaire

Habituellement, nous postons, dès l'été, des cartons publicitaires en forme de carte postale. La réponse est à ce point bonne qu'il nous faudra fermer la boutique le jour où ma sœur Anne ne verra personne se pointer à la porte après l'envoi postal. Deux jours avant la date fixée, nous portons les quelque trois mille cartons au bureau de poste. Or, voilà que nous recevons un appel du responsable : les dimensions sont supérieures d'environ un centimètre à celles admises pour ce type d'envoi. Panique assurée : les dates ne peuvent être modifiées, l'envoi des cartons tels quels entraînerait des frais supplémentaires... Que faire? Appel d'urgence à l'imprimeur qui accepte de recouper les cartons. Léger délai, pression élevée, minimes conséquences !

Une autre fois, les cartons sont prévus le lundi. Jeudi, toujours rien. Certaines clientes se présentent quand même, fidèles à nos soldes. L'envoi s'est fait des Laurentides. Petite enquête : le petit bureau de poste ayant dû faire oblitérer les cartons à la main, ils ne sont partis que le jeudi. Ils se retrouveront lundi prochain dans les boîtes aux lettres. Tout était décalé d'une semaine.

Pourquoi fréquenter la Ronde et s'engouffrer dans les montagnes russes quand elles sont à portée de main ?

Doreen : l'Italienne Duracell

C'est une femme d'énergie : elle prend parole, la déverse et parfois la renverse. Regard ferme, propos qui tient du va-tout et du fourre-tout, elle rougit parfois mais ne dérougit jamais. Chaleureuse et autoritaire, elle a épousé, dans une autre vie, un bel Argentin. Elle a marqué les diverses étapes de ma boutique. Au début, elle m'a permis de prendre mon souffle. L'appel d'air fait partie du manuel d'instruction. Puis, la turbulence familiale a rendu le trajet difficile. Enfin, elle a atteint un point d'équilibre : les enfants travaillaient, elle occupait le haut du duplex de ses parents, elle veillait à leur santé et, comme les oiseaux, au grain. L'amour, tôt ou tard, serait au rendez-vous.

Elle entrait acheter en début de soirée, après avoir vendu pour Delta des centaines de billets. Elle bénéficiait de voyages incroyables. La plupart du temps, elle passait la soirée avec moi. Elle aimait vendre et j'étais souvent débordée. Elle prit sa retraite. Quelques mois lui suffirent pour jauger que le réservoir était vide : elle était en panne d'affection pour tout enfant, même ceux de son amoureux. Je lui téléphonai sans doute au bon moment. Oui. Elle viendrait m'aider. Une seule journée, même si elle était à la retraite. Elle se présenta, un mardi. Déjà en discussion avec les clientes : « Vous êtes autoritaire ! », lui dit l'une d'elle. « Non ! C'est mon signe. Je suis cerveau ! » Elle avait gagné. Le rire débordait, la vente se finalisait. À la fin de la matinée, elle m'offrit deux jours de disponibilité ; dans la soirée, trois. Il faut toujours répondre quand le bonheur frappe à la porte. Il ne sait seul venir.

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